Collection :
L'Extrême ContemporainEditeur : Belin
Directeur de collection : Michel
DeguyCe «rien», cette chose qui nous est «commune», réconcilie avec une certaine idée poétique italienne et française, où l'urgence des circonstances s'exprime à travers une richesse et un raffinement formels hérités peut-être de Guittone, D'Aubigné, les grands Baroques : ceux-ci, au-delà des constructions stylistiques, tout tendus vers l'effort de composer des inharmonies, apprivoiser les monstres qui habitent chacun de nous. Ainsi, Rien commun s'inscrit-il loin du divertissement, fût-ce en la légèreté des mots-thèmes (vol, aile, air, rêve, ombre...) et de leur trame, par des images graves qui proposent pourtant çà et là un réconfort, si «renaît la pitié». L'on retrouve alors une ligne singulière, descendant de Dante à Baudelaire et Montale, ou mieux, à l'inverse, depuis Vegliante re-traversant Montale «vers l'amont Dante» ; et, plus simplement, une possibllité de rencontre avec celui (un «je», en tout cas) qui déclare, presque scandaleusement aujourd'hui : «A présent je te cherche, lecteur...», pour «aucune / allégresse où n'aspirent les mots». Pont jeté hors de soi sur un autre cours de la parole, ses infinies résurgences.
Giuseppe Pedroni
Rien commun est le cinquième recueil de Jean-Charles Vegliante ; deux volumes de ses poésies sont tarduits simultanément en Italie et en Grande-Bretagne.