Collection :
Littérature et politiqueEditeur : Belin
Directeur de collection : Claude
Lefort« Me suis-je endormi ou suis-je tombé dans une sorte d’inconscience, ce n’est pas clair. Je repris progressivement conscience en sentant
des coups répétés dans mes côtes. Puis, à l’instant où je réalisais que cette série de coups m’était portée par des chaussures, je fus saisi fermement par le bras, et je repris complètement mes esprits. Un soldat américain me tenait le bras droit, un autre braquait sur moi le canon de son fusil. “ Ne bouge pas, tu es mon prisonnier ! ” »
Ainsi Ôoka Shôhei, soldat japonais mourant, fut-il capturé, le 25 janvier 1945, par deux soldats américains dans l’Île de Mindoro. Des récits et des descriptions d’une extrême précision : voilà d’abord ce que nous offre ce Journal d’un prisonnier de guerre, qui évoque l’effondrement des troupes japonaises dans la guerre des Philippines, puis la vie de Japonais détenus par les Américains dans un camp sur l’Île de Leyte. Mais le témoignage d’Ôoka est aussi, parmi tous ceux qui sont apparus au vingtième siècle, l’un des plus puissamment
méditatifs. Il unit, aux lucides observations d’un survivant, la générosité et la profondeur de pensée d’un immense écrivain.
Shôhei Ôoka (1909-1988) est l’un des plus importants romanciers et critiques littéraires japonais du XXe siècle. Plusieurs de ses romans ont été traduits en français, dont (aux Editions Autrement puis en livre de poche Biblio) Les feux , roman qui porte également sur la guerre aux Philippines .