Collection :
L'Extrême ContemporainEditeur : Belin
Directeur de collection : Michel
DeguyL’essence de l’homme ne tient-elle pas dans son pouvoir d’homo pictor plus que dans sa raison ? La foi est-elle encore possible après Auschwitz ? L’homme moderne peut-il accueillir l’idée d’immortalité ? Le philosophe juif allemand poussait ici son dialogue avec le maître de sa jeunesse, Rudolf Bultmann, et l’amie de toujours, Hannah Arendt.
Hans Jonas appartient à la première génération des élèves de Heidegger et de Bultmann. Soucieux de concilier son intérêt pour le judaïsme avec la phénoménologie, il élabore une pensée originale sur le destin de l'homme, entre philosophie et théologie. Les textes que nous avons rassemblés ici présentent les lignes de force de sa réflexion.Qu'est devenue la vie de l'esprit, à l'heure où seuls comptent le travail et l'action, qui font la «condition de l'homme moderne» ? L'essence de l'homme, plus que dans sa raison, ne tient-elle pas dans son pouvoir d'homo pictor, point de jonction de l'homo faber et de l'homo sapiens ? Après Auschwitz, après Hiroshima, y a-t-il une autre foi possible que celle en notre responsabilité envers le Dieu souffrant? Faire pleinement usage de notre pouvoir de décision et d'action : n'est-ce pas désormais la seule participation à l'éternité offerte à l'homme moderne ?Telles sont les questions que pose ici Hans Jonas, poursuivant son dialogue avec le théologien protestant Rudolf Bultmann et l'amie de toujours, sa compagne d'études, la philosophe Hannah Arendt.
Hans Jonas (1903-1993) a été successivement professeur à Jérusalem, au Canada, à New York et en Allemagne. Après avoir entraîné le lecteur «dans le jardin de la gnose», Jonas propose une tâche nouvelle à la philosophie : penser notre responsabilité face à la nature. Il a publié, entre autres, Le Principe de responsabilité (1979, trad. fr. 1990) et Le Concept de Dieu après Auschwitz (1984, trad. fr. 1994).