Collection :
Littérature et politiqueEditeur : Belin
Directeur de collection : Claude
LefortColeridge, écrit Pierre Leyris, a commencé à tenir un carnet de notes en 1794, dans sa vingt-deuxième année, lors d'une randonnée au Pays de Galles. Il devait en garder l'habitude quarante ans durant, jusqu'aux dernières semaines de sa vie. Sur le tard, en 1823, il définira ses «carnets de poche» comme «les Confidents qui ne m’ont point trahi, les Amis dont le silence n'était point Détraction, et les compagnons devant lesquels je n'avais pas honte de me plaindre, de me languir, de pleurer - ou même de prier». Recueils d'observations de la Nature ou de sa nature, de débats avec lui-même mêlés de résumés de lecture et d'esquisses de poèmes, notes d'examens de conscience donc en même temps que brouillons et mementos, ces carnets, même lorsque leur auteur s'y prépare à faire un jour œuvre publique, n’ont jamais été écrits que pour son seul regard. Les Carnets de Coleridge, souvent difficiles à déchiffrer, parfois cryptés, font l'objet d'un admirable travail d'édition, toujours en cours, par Kathleen Coburn. Pierre Leyris, dans les deux premiers volumes publiés, a choisi et traduit un ensemble de fragments qui composent toute une nuée de «phosphorescences» (selon l'expression de Pierre Pachet dans sa Préface).